jeudi 27 février 2014

Un barbu, des barbouzes

        Ceci est une critique de film passablement idiote qui dévoile toute l'intrigue, cependant assez prévisible, du film "Du sang et des larmes", sorti récemment sur les écrans.          
      En septembre 2005, l’armée américaine est victime d’un des plus tragiques fiascos qui ont marqué l’intervention occidentale en Afghanistan. Le 28 juin 2005, quatre Navy Seals tentent de localiser le chef taliban Ahmad Shah et sont découverts par des bergers menant leur troupeau de chèvres. Les quatre soldats commettent l’erreur de laisser repartir les trois bergers qui s’empressent de prévenir le groupe de talibans d’Ahmad Shah. Le film de Peter Berg , Lone Survivor (Du sang et des larmes en France et Le seul survivant au Québec), narre dans le détail la traque des quatre Navy Seals par la centaine de combattants d’Ahmad Shah et la destruction par ces derniers d’un hélicoptère Black Hawk venu secourir les soldats en difficultés ; c’est-à-dire le cauchemar de l’opération Red Wings, le plus cuisant revers militaire subi par les Etats-Unis depuis la bataille de Mogadiscio en octobre 1993. La comparaison avec le film de Ridley Scott, Black Hawk Down s’impose donc à l’esprit. Elle ne tient pas très longtemps cependant. Ridley Scott tirait du récit originel une parabole guerrière  traversée par quelques scènes inoubliables, comme l’arrivée au campement de l’ONU avec ses serveurs Sikhs enturbannés proposant aimablement thé et rafraîchissements à l’escouade décimée avec la même déférence que s’il se fut agi d’une délégation diplomatique. Peter Berg n’est pas exempt de maestria mais là où Scott évoquait crûment la guerre, Lone Survivor est plombé par un discours patriotique plus pesant qu’une dinde aux marrons accompagnée de sa traditionnelle purée de potirons.



            Ne craignons pas de vendre la mèche puisque le film, qui s’intitule après tout Le seul survivant, débute sur une scène dans laquelle une équipe médicale s’active sur le corps supplicié de Mark Walhberg, seul rescapé, donc, de ce qui a tourné à la mission suicide. La caméra plonge dans le beau regard triste du soldat, encore fixé sur les horreurs dont il a été le témoin et nous plongeons 72 heures en arrière dans ses souvenirs…
            Le film est certes tiré d’une histoire vraie, et que l’on aime ou non s’adonner à l’anti-américanisme le plus primaire, il faut reconnaître le courage et l’invraisemblable valeur de combattants qui réussirent à tenir tête à une à au moins une cinquantaine de combattants talibans. Mais le traitement offert par Peter Berg à ce récit incroyable est quelquefois si ridiculement outré qu’on ne peut s’empêcher de relever avec délice les clichés les plus éculés qui circulent dans cette énième ode au courage des GIs. Soixante-douze heures plus tôt donc, un Navy Seals s’éveille sur son lit de camp, alors qu’un rayon de soleil qui passe à travers la fenêtre du baraquement, enveloppe amoureusement sa forme étendue et que les draps légers lui caressent la raie des cheveux. Son doux regard encore embrumé de sommeil erre sur les photographies qui tapissent le mur de sa modeste chambrée, sur les visages des êtres aimés qui, sur les polaroïds, lui renvoient son sourire. Mais ne s’attardant pas plus, notre Navy Seal barbu que la douce tiédeur de la couette ne parvient pas à retenir, saute à bas du lit et file à travers le baraquement pour retrouver son autre copain Navy Seal, lui aussi barbu, et lui montrer des photos de chevaux sur son ordinateur portable. A ce stade du film, on est déjà en droit de se demander si le défunt Tony Scott n’est pas revenu d’entre les morts pour remplacer Peter Berg derrière les caméras et tourner un remake de Top Gun en Afghanistan. Dans deux minutes c’est sûr, on aura droit à la partie de volleyball, tous pectoraux dehors et abdominaux luisant de sueur…



            En réalité, barbu n°1 tient juste à montrer à barbu n°2 quelques photos du bourrin que sa femme exige pour son anniversaire. Un pur-sang arabe, ni plus ni moins. Les femmes imposent parfois qu’on leur rende un culte exigeant. Le deuxième barbu se nomme Marcus Latrell et comme il est incarné par Mark Walhberg, nous le nommerons simplement Barbumarc, tandis que son copain amateur de chevaux deviendra Barbubourrin, pour plus de commodité. Après avoir un peu parlé pur-sang arabes avec Barbumarc, Barbubourrin décide d’aller faire la course autour du campement avec un autre barbu que nous nommerons simplement Barbubis. Les deux hommes se mesurent de toute la force de leurs mollets en petit short et en T-shirt moulant ; Tony Scott est de retour, on attend logiquement la scène de douche collective et les serviettes qui claquent virilement sur les fesses…Mais après avoir bien couru et bien sué, Barbubis et Barbubourrin retrouvent leurs autres copains Navy Seals qui boivent des bières autour d’une table de camping en rotant et en faisant des blagues de barbus. Il y a là un barbu blond que ses collègues nomment « Axe », sans doute en référence à l’odeur corporelle qui lui vaut tant de succès avec les femmes, et que nous appellerons simplement Barbublond, ainsi qu’un gros garçon musculeux et boudiné dans son T-Shirt XXL, blond comme Pamela Anderson lui aussi mais auquel l’absence de barbe donne un air gentil et niais au point que nous l’appellerons simplement Gropoussin.

Gropoussin

         Comme Barbubis a perdu la course contre Barbubourrin, les autres proposent de le tondre et de lui raser les testicules comme l’on a coutume de faire pour célébrer cordialement les exploits sportifs dans l’armée américaine. Barbubis n’a pas de chance : non seulement il est mauvais à la course à pied mais sa femme est encore plus chiante que celle de Barbubourrin et lui envoie des catalogues de tapisserie et de moquettes, exigeant de lui qu’il choisissent la bonne teinte de revêtement mural ou de tapis de sol alors qu’il est en mission en Afghanistan tout de même. Tous ses potes se foutent de lui du coup :

-         -  Elle doit être en cloque ta meuf, lance Barbublond
-         -  HEUHEUHEU ! fait Barbubourrin
-         -  Allez les gars on va le tondre !

Heureusement pour Barbubis, le capitaine Barbafurax apparaît à la porte d’un baraquement au moment où toutes les mains se tendent vers les couteaux de survie pour faire un sort à la barbe et aux testicules du malheureux.

-          - Allez tas de lopettes mielleuses, ramenez vos burnes flasques en salle de briefing, on va préparer la mission !
-          - OUAIS ! OUAIS ! LA MISSION !
-          - HEUHEUHEU
-         -  Et moi, et moi chef ? Je peux la faire aussi la mission ?
-         -  Nan pas toi Gropoussin, t’as pas encore passé l’épreuve et t’es encore qu’une petite choute timide sans barbe, je peux pas te laisser partir avec les vrais durs cette fois, alors tu fermes ta mouille et t’attends ta cérémonie d’initiation !
-          - HEUHEUHEU
-          - Ok bougez vos culs terreux en salle de briefing, on va faire le truc compliqué avec la carte d’Etat-major et ensuite on fait la cérémonie d’initiation de Gropoussin.
-        -  OUAIS ! OUAIS !
-         -  HEUHEUHEU

Quelques minutes plus tard, la fine équipe est réunie dans le QG autour d’une table couverte par une immense carte sur laquelle sont fixés de petits drapeaux et posées de petites maquettes de chars et d’hélicoptères. Le capitaine Barbafurax prend le petit paquet d’hélicoptère pour les poser à différents endroits de la carte, en faisant « tchouk tchouk tchouk » avec sa bouche, sous le regard émerveillés de ses hommes qui n’osent pas toucher les petites maquettes de peur de prendre une bonne avoine : on ne rigole pas avec les jouets du capitaine. Celui-ci énonce les étapes de l’opération ultra-secrète et périlleuse qui se prépare. Il s’agit de repérer et capturer Barbumoche, le chef des Talibans.

-          Comment on le reconnaît chef ? Ils sont tous barbus ces sauvages.
-          HEUHEUHEU
-    La ferme Barbubourrin ! Vous le reconnaîtrez aisément au fait qu’il a été amputé du lobe de l’oreille droite et de tout sens moral !
-          C’est moche !
-        Oui. C’est pour ça qu’on l’appelle Barbumoche. Nous fixerons différents points de rendez-vous radio pour que nous puissions suivre votre progression de la base. Le premier repère est Bibine, le second Pinard, le troisième Vodka-Citron et le dernier Schnaps-Cerise.
-          Schnaps-Cerise, c’est pour les taffioles capitaine ! On peut pas choisir un autre nom ?
-         C’est la boisson préférée de ma femme, espèce de résidu de raclure de chiotte, maintenant fermez-la et rompez, on va faire la cérémonie initiatique de Gropoussin.
-          OUAIS ! OUAIS ! LA CEREMONIE !

Au cours de sa cérémonie initiatique, Gropoussin doit réciter un poème long et difficile qui montre que les Navy Seals sont de courageux et vaillants combattants, très forts en football américain et à la baston. On lui demande ensuite de s’humilier en public en se trémoussant sur du Shakira pendant que ses copains lui jettent des canettes vides à la figure. Son rite d’initiation est accompli, Gropoussin aura désormais la tâche difficile d’être standardiste au QG du capitaine Barbafurax pendant le reste de la mission et du film. Délivrés de la lourde responsabilité de faire de Gropoussin un homme, nos héros s’envolent, lourdement harnachés, vers les terriblezépérilleuses montagnes afghanes.

Tchouk tchouk tchouk

        Ici s’amorce la partie la plus intéressante de Lone Survivor. La longue séquence durant laquelle les Navy Seals prennent leurs positions pour se mettre en planque à proximité d’un village afghan et repérer leur cible est sans doute la meilleure du film. Ils ne tardent pas d’ailleurs à repérer celle-ci. Il s’agit du chef taliban Ahmad Shah dont la description ne laisse aucun doute aux Navy Seals : il lui manque le lobe de l’oreille gauche et il a le regard torve et cruel : il s’agit bien de Barbumoche. Escorté d’une forte escouade de talibans aux barbes menaçantes, Barbumoche se pavane et terrorise le village sans se douter que, de leur cache secrète, les Navy Seals l’observent attentivement.
         Malheureusement pour ces derniers, un événement inopportun va ruiner leur plan. Trois bergers et leur troupeau de biquettes débarquent soudain en plein milieu de la cache des Navy Seals et ruinent l’ambiance. Rapidement maîtrisés par les super-soldats, les trois bergers se retrouvent ligotés à un arbre, attendant de connaître leur sort. Les Navy Seals, quant à eux, débattent de longues minutes des suites à donner à l’affaire.

-       Faut les buter chef, y-vont nous balancer à leurs potes talibans et ça va pourrir encore plus l’ambiance dans le coin.
-          Nan on peut pas faire ça chef, il y a un enfant et on est des gentils.
-          C’est vrai ça chef, si ça passe sur CNN on va encore se faire chambrer.
-          HEUHEUHEUHEU !
-       Ta gueule Barbubourrin…Bon les gars, en tant que Barbuchef je décide de quoi qu’on fait et je décide donc qu’on libère les bergers qui ne connaissent certainement pas la région assez bien pour rejoindre le groupe de tueurs sanguinaires de Barbumoche et n’auront de toute façon jamais l’idée de le prévenir que quatre Navy Seals sont planqués dans la montagne en attendant de pouvoir lui faire la peau.
-          Heu non ça c’est clair chef ! Ils y penseront jamais !
-          Clair !
-          OUAIS
-          HEUHEUHEUHEUHEU !

A peine libérés, les bergers disparaissent dans la nature et le plus jeune d’entre-eux, un adolescent avec une tête de fouine vicieuse, dévale pieds-nus la montagne plus vite qu’un champion de snowboard à Sotchi. En deux minutes et quarante-trois secondes, il a prévenu le régiment de talibans qui, avec Ahmad Shah à sa tête, se lance à la poursuite des Navy Seals. Pendant ce temps, ceux-ci tentent sans succès de joindre la base parce que leurs téléphones ne captent pas, comme dans n’importe quel film d’horreur de bas étage.
                  Là encore il faut souligner quelques qualités de Lone survivor. La scène de combat entre les quatre Navy Seals et les (au moins) deux cent talibans est ultra-réaliste. Ce qui l’est moins, c’est la capacité de résistance des militaires américains qui encaissent (presque) sans broncher les multiples blessures par balles, les dégringolades répétées sur des dizaines de mètres de rocs acérés et les fractures en série. L’affrontement est prenant, certes, et la mort de chacun des soldats est héroïque mais, même si le générique de début de film présentait le terrible entraînement des militaires afin de nous faire comprendre qu’un Navy Seals peut survivre à un choc frontal avec un TGV ou Angela Merkel, on a du mal à croire que nos héros puissent encore se traîner avec tous les os brisés et le corps transformé en passoire. La fin tragique de Barbublond est particulièrement poignante. Touché à de multiples reprises, agonisant contre un arbre après avoir perdu des litres de sang, Barbublond meure comme Roland à Roncevaux, levant une dernière fois son colt 45 en guise de Durandal vers l’ennemi qui n’est même pas fichu de bien viser et doit s’y reprendre à plusieurs fois avant de l’achever. Barbuchef connaît également une fin héroïque, réussissant à se jucher au sommet d’un piton rocheux, sous le feu nourri des Talibarbus, pour contacter la base avec le téléphone satellite :

-         Alloouibonjouricilestandardtéléphoniquedelabaseducapitainebarbafuraxquepuisjepourvous ?
-          Gropoussin ! Gropoussin ! Vite prév…Argh ! Himmel ! Che suis re-touché à noufeau !
-          Tous nos conseillers sont actuellement en ligne. Ne quittez  pas. Nous allons donner suite à votre appel.
-          Aïeu mais merde chié ça fait mal arrêtez de me tirer dessus vous êtes cons !
-          [solo de flûte à bec]
-          Gropoussin merde décroche !
-          [solo de guitare bontempi]
-          Arrrrhh non pas mes c….
-          Ouiallomonsieurquepuisjepourvous ?
-          Gropoussin ARGH on est foutus ARH on est encerclés AIE ynoustirentdessusc’thorrible !
-          Nous n’avons pas compris votre demande. Si vous voulez des renseignements sur la mission en cours, composez le 1. Si vous souhaitez vous réengager pour cinq ans dans l’armée américaine, composez le 2. Si vous souhaitez connaître le menu de la cantine, composez le 3. Sinon, veuillez patientez. Un conseiller va vous répondre.
-          Gropoussin mmmmmerdeuuuuu !!!
-         Alloouibonjouricilestandardtéléphoniquedelabaseducapitainebarbafuraxquepuisjepourvous ?
-          Gropoussin, c’est Barbuchef !!!
-          Ah chef comment ça va ?
-          J’expire !!!
-          Ah bon? Ah oui j'adore! Il le joue quand ? Ce soir ? Allo ? Allo ?
-          Argh. Couic.

Intrigué, Gropoussin repose le combiné. « Qui c’était ? », demande le capitaine Barbafurax. « C’était Barbuchef. J’ai pas bien compris, il y avait du bruit derrière lui et il voulait aller au théâtre et après ça a fait couic. » Suspicieux, le capitaine Barbafurax lève un sourcil : « Tu me fais réécouter l’enregistrement de la conversation tout de suite s’il-te-plaît Gropoussin ? »


        Après avoir réécouté la bande et battu Gropoussin à mort, le capitaine Barbafurax rassemble le plus possible de gars dans un hélico et s’envole aux secours des quatre infortunés NavySeals. Arrivé au-dessus des lieux de l’affrontement à bord de son destrier des airs, le capitaine Barbafurax, jette un regard perçant sur les montagnes par la porte arrière grande ouverte de l’hélicoptère, afin de repérer ses hommes en détresse. Tout ce qu’il repère malheureusement est un vil taliban qui lève un lance-roquette vers son appareil. « Attention les gars, y-en a un qui… » seront ses derniers mots, avant que l’hélicoptère n’explose, projetant des débris métalliques et des poils de barbe partout sur la montagne.
        Voyant le puissant engin et une escouade entière réduits en miettes par un afghan analphabète équipé d’un tromblon anti-aérien soviétique des années 80, Barbumarc, le seul survivant (d’où le titre du film, c’était donc ça !), ne demande pas son reste et s’enfuit en chouinant dans la montagne. Apeuré et épuisé, il se jette dans un marigot pour prendre le frais, en abandonnant prudence, bardas et M-16 derrière lui sur la rive. Tandis qu’il sort la tête de l’eau en secouant ses cheveux comme dans une pub Tahiti douche il aperçoit avec horreur un enturbanné et sa famille qui le hèle sur l’autre rive, alors que les clameurs des poursuivants se rapprochent. « Je suis foutu, pense Barbumarc, adieu base-ball, course à pied, bibine et bite au cirage ! J’aurai même pas le temps de bizuter Gropoussin ! » Mais Barbumarc a bien de la chance. L’Afghan qui lui fait signe est un fait un gentil qui est en désaccord avec la politique de la violence menée par les talibans et l’inclinaison très fortement traditionaliste de leur projet de société qui cadre mal avec ses aspirations personnelles au vivre-ensemble et son sens de l’hospitalité. Notre Afghan, de plus, a le regard doux et compréhensif, nous l’appellerons donc Barbidoux. Avec l’aide de Barbidoux, Barbumarc est caché dans le village des Afghans. Il se soigne en se retirant de la cuisse des morceaux de shrapnels gros comme des bras de bébé et apprend les rudiments de la langue locale avec le fils du patron. « Va donc me chercher un couteau », demande-t-il, mimant une estocade en se frappant la poitrine du poing. Le gosse lui ramène en moins de deux un poulet. C’est pas gagné pour la langue locale. 
        Les talibarbus ne tardent cependant pas à retrouver la trace de Barbumarc et ordonne à Barbidoux, qui doit être le chef du village, de livrer son hôte. Ni une, ni deux, celui-ci refuse catégoriquement et envoie paître le chef de guerre taliban. On ne rigole pas avec l’hospitalité chez les Afghans. S’ensuit alors la scène d’anthologie : l’attaque du gentil village des Pachtoubarbus par les méchants talibarbus. Dans la bataille, Barbidoux fait la peau à Ahmad Shah tandis que Barbumarc se trouve aux prises avec un autre taliban sur le point de lui poinçonner la tête avec sa dague acérée. « Poulet ! Poulet ! », hurle-t-il à l’adresse du fils du patron…qui lui ramène un couteau avec laquelle il se débarrasse illico du taliban. Barbumarc a enfin compris les subtilités de la langue afghane. 
           La cavalerie des airs américaine ne tarde pas à intervenir et transforme cette fois les talibarbus à découvert en pâté de fanatique. L’héroïque Barbumarc s’en tire à bon compte et trouve encore la force de remercier son bienfaiteur Barbidoux : « Merci mec de m’avoir protégé au péril de ta vie et de celle de ta famille. Dans les prochains jours, les talibarbus vont sans doute revenir pour te faire la peau, violer ta femme, éventrer tes enfants et foutre le feu à ton village mais désolé faut qu’on y aille nous, on peut rien pour toi, hasta la vista baby et merci pour le poulet ! » Les hélicos s’envolent, Barbumarc est sauvé et nous rappelle en voix off qu’il ne faut jamais cesser le combat. Le générique fait défiler les photos des authentiques soldats qui trouvèrent la mort au combat lors de l’opération Red Wings. Le cinéma américain a cette grande force qu’il peut se permettre de se livrer sans retenue aux exercices d’autocélébration patriotique les plus excessifs, à partir du moment ou une mise en scène tout à fait efficace fait passer la pilule. On est pas ici pour se lamenter sur les horreurs de la guerre mais pour célébrer ceux qui sont morts pour la patrie et faire savoir à l’ennemi que l’armée américaine n’abandonne jamais ses combattants. Vae Victis


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