mercredi 3 juin 2026

Petit florilège des livres à ne pas lire - 2

 

        Comme tout passionné, le lecteur a toujours la crainte de passer à côté d’un bon ouvrage, de ceux qui procurent un plaisir esthétique tout en élargissant l’horizon intellectuel, de ceux qui prennent place dans la bibliothèque intérieure et qui accompagnent son lecteur dans les contrées imaginales. Aussi, les amis ne perdez pas votre temps et gardez-vous de lires les productions suivantes. 

 

 

         Quand un nouvel ouvrage porte sur la pensée de Baudrillard, il est tentant d’y jeter un œil, et ce, d’autant plus quand l’angle d’approche choisi repose sur les principes mêmes que l’auteur a si souvent mis en avant : le double, le concept, le réel, le simulacre, etc. Le titre reflète parfaitement l’entreprise, Le Livre dont Jean Baudrillard est le héros, et finit de convaincre de s’y plonger même si les éditions mf ont une fâcheuse tendance à privilégier le déconstructionnisme et à s’installer dans une gauche confortable et post-bourgeoise.

         Et cela n’a pas raté, l’ouvrage n’est pas désagréable mais n’apporte quasiment rien à la pensée de Baudrillard : pire, les néophytes s’en détourneront comme d’un auteur décidément incompréhensible tandis que les amateurs s’en retourneront à l’œuvre elle-même pour constater combien elle est plus brillante et visionnaire. Il faut dire que le procédé d’écriture qui multiplie les renvois et les notices comme dans une enquête, que l’entremêlement entre les registres de l’intime et du public, que les expériences subjectives des auteures plus ou moins rattachées au sujet et que le survol en zigzag des principales notions sur le réel et le simulacre finissent par complètement perdre les lecteurs.

         En bref, l’entrée dans l’œuvre qui se piquait d’originalité se révèle d’un ennui profond et surtout l’auteur des Stratégies fatales en ressort tout rapetissé comme si sa pensée relevait davantage de l’anecdotique que de l’analytique. C’est là la limite de cet exercice, à vouloir faire original on finit par se perdre dans les circonvolutions de son nombril et à torpiller ce pourquoi le livre avait été conçu : donner envie de lire Baudrillard ! 

 


 

         Le second ouvrage recensé mérite à peine qu’on s’y attarde ; là aussi, la thématique est passionnante comme en témoigne son beau titre, L’esprit vivant de la nature. L’âme et la matière, mais Frédéric Nef en propose une lecture tellement scolaire (historique et descriptive) qu’on s’y ennuie pratiquement à toutes les pages. En quatrième de couverture, il est indiqué que le livre « allie écologie profonde et profondeur de la pensée par un des grands philosophes contemporains », on peut en douter – ou en rire. Clap de fin.  

 

 


 

 

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