dimanche 16 août 2020

Music, Martinis & Misanthropy (4)

 
Pour accompagner la France en vacance, les idiots vous proposent une petite série estivale qui célèbre les choses simples de la vie que nous aimons tant : l’apéritif, le farniente, l’amitié, la médisance des soirs d’été, la moiteur des peaux brûlées, la beauté des noyades salvatrices, l’étalement des corps obèses, etc.


« Avant de me déshabiller je rendis encore une fois hommage à Oôn et à toutes les prostituées thaïes. Ce n’était pas un métier facile qu’elles faisaient, ces filles; il ne devait pas être si fréquent de tomber sur un brave garçon, doté d’un physique acceptable, et qui ne demandait honnêtement qu’à jouir de concert. Sans même parler des Japonais - je frissonnai à cette idée, et empoignai mon Guide du Routard. Babette et Léa pensais-je, n’auraient pas été capables d’être des prostituées thaïes; elles n’en étaient pas dignes. Valérie peut-être, il y avait quelque chose chez cette fille, à la fois un peu mère de famille et un peu salope, les deux potentiellement d’ailleurs, jusqu’à présent c’était surtout une gentille fille, amicale et sérieuse. Intelligente aussi. Décidément j’aimais bien Valérie. » Michel Houellebecq









samedi 15 août 2020

Music, Martinis & Misanthropy (3)

 

Pour accompagner la France en vacance, les idiots vous proposent une petite série estivale qui célèbre les choses simples de la vie que nous aimons tant : l’apéritif, le farniente, l’amitié, la médisance des soirs d’été, la moiteur des peaux brûlées, la beauté des noyades salvatrices, l’étalement des corps obèses, etc.

 

 

 

« Je préfère me sentir brûlé par une douleur diabolique plutôt que de vivre dans cette ambiance de saine température. Alors s’enflamme en moi un désir sauvage d’émotions intenses, de sensations, une rage contre cette vie plate, flétrie, normale et stérilisée et une envie de fracasser quelque chose, je ne sais pas, un magasin ou une cathédrale, ou moi-même ; de commettre des folies téméraires… C’est, en fait, ce que j’ai toujours le plus détesté, abhorré, maudit : cette satisfaction, cette santé pacifique, ce gras optimisme du bourgeois, cette discipline de l’homme médiocre, normal, vulgaire. » Hermann Hesse




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vendredi 14 août 2020

Music, Martinis & Misanthropy (2)

 

Pour accompagner la France en vacance, les idiots vous proposent une petite série estivale qui célèbre les choses simples de la vie que nous aimons tant : l’apéritif, le farniente, l’amitié, la médisance des soirs d’été, la moiteur des peaux brûlées, la beauté des noyades salvatrices, l’étalement des corps obèses, etc.

 


 

« On se surprend parfois à regretter que le mot plage ne noie pas…

Il ne mouille même pas. Ce qui était touchant, ce matin-là, c’était la bonne volonté des fréquentants à faire là où on leur disait de faire, c’est-à-dire à croire là où on leur disait de croire. Ici, trois centimètres de sable étaient une plage. Là, des bouts de torchon bleu étaient des oriflammes claquant au vent. Quelques transats et quelques parasols plantés dans le bitume de la voie sur berge recouverte de galets de Dieppe étaient généralement reconnus en tant que transats, parasols et galets de Dieppe. Et ces plumeaux en pots à intervalles réguliers se voyaient sans difficulté attribuer le nom de palmiers. Il y avait aussi des brumisateurs qui dispensaient des gouttes d’eau. On était exactement dans le programme des bateleurs de la Mairie de Paris : « En journée, plages de sable fin ou de gazon, ateliers de nœuds marins, location de vélos, initiations à la pêche et à la pétanque, mur d’escalade. En soirée, spectacles de rue, guinguette, concerts, performances, scène techno. » Et, bien entendu, il n’y avait rien d’autre de balnéaire que ce qui était écrit dans ce programme. Le balnéaire n’était pas ailleurs que sur le papier. Le littoral ne se résumait qu’à ce littéral. Mais l’important n’était pas là. L’important résidait dans l’air de béatitude de ceux et de celles qui ne cessaient d’affluer. Je ne voudrais pas avoir l’air exagérément désagréable, mais je crois me souvenir qu’il existe un film de propagande qui s’intitule Hitler offre une ville aux Juifs. Les médias aux ordres, dès le lendemain de l’inauguration du concept Paris-Plage, ont battu des mains et sauté en l’air, et leurs discours auraient pu très bien se condenser en cette bonne nouvelle : Delanoë offre une plage aux touristes… » Philippe Muray




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mercredi 12 août 2020

Music, Martinis & Misanthropy (1)

 

Pour accompagner la France en vacance, les idiots vous proposent une petite série estivale qui célèbre les choses simples de la vie que nous aimons tant : l’apéritif, le farniente, l’amitié, la médisance des soirs d’été, la moiteur des peaux brûlées, la beauté des noyades salvatrices, l’étalement des corps obèses, la joie des retrouvailles en famille, etc.

 

 

« En s’épanouissant, les hommes se dilatent et lorsqu’ils se dilatent, ils prennent plus de place. Or, l’univers étant fini, la place est mesurée et dans un monde clos, l’épanouissement de plusieurs milliards d’humains conduit à l’explosion générale. » Albert Caraco

 

 

 

 

vendredi 17 juillet 2020

Braises anarchiques 06







Le Christ est en nous, battu, écrasé, sans croix à porter ni tunique déchirée, juste là, battu, écrasé, un peu de sang séché sur l’âme. Il n’a pas dit son dernier mot, par quelle bouche le dirait-il ? A nous de trouver les lèvres réparatrices, la langue encore fraîche, la trachée d’où montent les flammes de la parole, un souffle viendra, comme le chant du rossignol, et le ciel brûlera. 






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