samedi 8 septembre 2012

L'art du fouet



       « Je mettais en pratique une curieuse méthode pour délirer de plaisir, ayant remarqué qu’un très grand nombre de coups de fouet me plongeaient dans une forte ivresse au plus profond de laquelle je perdais connaissance. Je savais d’expérience qu’il suffit que le châtiment, à son début, soit donné doucement, pour que la douleur reste très supportable ; après quoi, au-delà de cent coups, on ne ressent plus rien et l’on peut continuer indéfiniment, à condition d’un peu de courage et d’obstination, au-delà même de cinq cent coups, fussent-ils cinglants, sans autre mal que les flancs boursouflés et noirs, et qu’un peu de sang sur les habits ; un flanc plus maltraité que l’autre si l’on se bat soi-même, car les lanières tournent et ne frappent que d’un côté. On est alors ivre, jeté hors de soi. » 

François Augiéras, L’apprenti sorcier, Paris, fata morgana, 1976, p. 70.


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